"LES BONHEURS DANSÉS DE SOPHIE"
OU L'IMPACT D'UNE DANSE LORS D'UN MARIAGE
Que
peut apporter une danse lors d’une célébration
tel un mariage ?
Il y a les danses de fêtes après la cérémonie
et le repas, usage qui remonte à la nuit des temps
dans chaque culture où se réjouir comprend
automatiquement la formule « on se fait beau, on
mange, on chante, et on danse tous ensemble ! ».
C’est une coutume forte qui resserre les liens
communautaires et intergénérationnels et
qui réchauffe le tissu familial et affectif. Mais
il existe aussi d’autres danses, des histoires
racontées, des danses messages.
Sophie est institutrice et fait également partie
d’un groupe de louange lyonnais pop reggae
qui bouscule les clichés :« Impact ».
C’est une jeune femme de caractère qui
aime également
s’exprimer au travers de la danse. Elle vient
de se marier à Etienne, leader du groupe qui
lui aussi (c’est un fait confirmé, nous
avons des preuves !) peut s’élancer
tel un danseur guerrier pour exprimer sa joie (Il
est d’origine
kanak, comprenez…;-) ) :
« Danser pour Dieu, c'est donner du sens.
D'abord, donner du sens à l'acte de danser lui-même
: on ne danse plus pour
se montrer, on danse pour partager et exprimer.
Danser est une expression qui transcende nos mots,
et elle
prend tout son sens quand elle est tournée
vers Dieu.
Ensuite,
danser, c'est donner du sens aux mots. Bien souvent,
dans l'église, les mots font partie du
décor, on a l'habitude de les entendre, mais on
n'y prête plus guère attention. Rien qu'un
exemple : on parle souvent de la joie, "Pousse un
cri de joie mon âme" ; mais quand on entend
cela, on voit rarement une effusion de joie accompagner
ces paroles. Bien des mots sont devenus vides de sens,
soit qu'ils soient devenus étrangers à notre
culture (la notion de sacrifice, par exemple), soit
qu'ils soient trop difficiles à comprendre
(la chair, la Gloire...).
Et cela ne nous dérange
pas, nous avons pris l'habitude. Dans ce vide intellectuel,
la danse vient, comme une lumière qu'on allume
soudain, redonner du sens aux mots. Le danseur, pour
exprimer quelques chose corporellement, est obligé de
chercher au fond de lui le mouvement le plus juste pour
dire de tout son être
ce que les paroles du chant signifient. Il retrouve alors
pour lui-même le sens des vérités
de Dieu, et en les mettant en mouvement, la Vérité peut
jaillir de sa danse et toucher les spectateurs.
Je me dis souvent que la danse devrait retrouver
une place à part entière dans l’Eglise,
et je me demande parfois si nous ne nous privons pas
de certaines bénédictions du Seigneur en
la délaissant… Alors je rêvais de
trouver une place pour la danse lors de mon mariage,
un des rares jours où l’on peut choisir
ce qui va se passer au cours du culte quand on n’est
pas pasteur !!!
Cela me tenait d’autant plus à cœur
que je savais qu’il y aurait des personnes non-chrétiennes
à la
cérémonie, pour qui tout cela n’est
que du folklore ou du déjà-vu, et qui par
conséquent n’ouvrent même plus les
oreilles quand elles sont dans une église. Mais
la danse fait appel à un autre sens que l’ouïe,
et elle bouleverse les schémas de pensée
habituels (« Comment, Madame, de la danse dans
une église ? Mais enfin, vous devez faire erreur,
la danse, c’est la chair, et la chair… ça
n’a pas de place dans une église, ce n’est
pas spirituel !! »). C’est pour cela que
j’ai demandé à Christine de danser
sur le chant « Mon ancre et ma voile » de
David Durham, pendant le temps de louange que nous avions
au début du culte. Beaucoup de gens ont été touchés
par cette danse, par ces mouvements porteurs de sens.
Il y a même des personnes qui en ont vu des extraits
par vidéo interposée, et qui ont été très
interpellées par ce ballet.
Je prie que nous retrouvions la liberté de danser,
et de laisser Dieu nous parler à travers
nos corps !
Reportage : Christine

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