FENÊTRES DE L'ÂME
Extrait
du livre "Fenêtres de l'âme" de Ken Gire
Aux éditions JASPE
Un
rêve
Loin d’être un enseignement au sens propre du terme,
cet extrait du livre « Fenêtres de l’âme » de
Ken Gire est déposé toutefois dans cette section
car ce récit nous appelle profondément à comprendre
comment Dieu utilise la danse pour parler à notre cœur
et non à notre intellect. Nous vous conseillons le livre
entier qui est excellent. Bonne lecture de cet extrait concernant
la danse.
Elle rêva une nuit qu'elle se retrouvait dans un grand
gymnase. En haut des murs d'environ dix mètres s'alignaient
plusieurs fenêtres d'où pénétrait
la lumière tamisée du soleil. Elle se voyait assise
par terre en présence d'un jeune homme qu'elle avait l'impression
d'avoir déjà vu mais sans le reconnaître.
Ils regardaient tous les deux un spectacle de ballet où des
centaines de ballerines, vêtues de soies légères,
dansaient magnifiquement. Jamais elle n'avait admiré des
mouvements si gracieux. Et bien que son corps demeurât
immobile, tout au-dedans d'elle s'agitait, de sorte qu'elle se
sentait comme emportée par la danse, comme si elle dansait
avec elles en parfaite harmonie. Cette sensation habitait son être
avec tant de force que ni le temps, ni la fatigue n'aurait pu
l'atténuer.
Le jeune homme se leva et marcha jusqu'au centre de la pièce. À son
passage, toutes les ballerines se prosternèrent devant lui puis elles
se déplacèrent à pas de fée jusqu'à l'autre
extrémité du gymnase. C'est alors qu'il proclama solennellement
: « Maintenant, elle va danser. »
Saisie d'étonnement, Judy compris qu'il parlait d'elle.
Elle se leva pour aller le rejoindre. Cependant, une fois à ses côtés,
elle pris conscience du fait qu'elle portait un justaucorps et des leggings troués.
Sa honte ne fut que passagère. Une fois que le jeune homme eût quitté le
centre de la pièce pour s'installer près du murs, si s'assit pour
la regarder et elle commença sa danse. Elle leva très haut la jambe,
pivota dans la direction opposée et dansa jusqu'à l'autre bout
du gymnase. À l'approche de chaque extrémité de la pièce,
elle levait son pied haut dans les airs, pivotait sur l'autre pied pour s'élancer
une fois de plus en dansant jusqu'à l'autre bout du plancher.
Puis, aussi promptement qu'elle s'était levée, elle retourna s'asseoir
près du jeune homme. Il retourna au milieu de la salle et s'adressa aux
ballerines : « Vous voyez de quels pas splendides elle danse ? Personne
ne lui a jamais appris, pourtant vous avez vu sa danse ? J'aime la voir danser. »
Comme Judy quittait le plancher et que les autres ballerines s'installaient de
nouveau pour exécuter leur danse, le jeune homme la conduisit à l'écart
pour lui montrer un album rempli de photos d'une maison magnifique. Chaque pièce
resplendissait d'une beauté somptueuse rehaussée d'un décors
exquis. Judy n'en croyais pas ses yeux. « C'est ma maison, dit-il. J'aimerais
que tu viennes y habiter et que tu danses pour moi. »
À son réveil, elle ne put comprendre ce que signifiait ce rêve à la
fois si intense et impénétrable. Plus tard, alors que la routine
du quotidien avait repris son cours et qu'elle était en route vers notre
domicile au volant de sa voiture, le rêve lui revint à l'esprit,
aussi coloré, aussi intense. Elle se voyait encore danser lorsque ses
pensées furent interrompues par un flot de souvenirs longtemps oubliés.
Des souvenirs d'enfance.
Comme toutes les petites filles, Judy devait aider sa maman en participant aux
travaux domestiques. Occasionnellement, elle devait laver la vaisselle. Cette
tâche pouvait quelquefois se prolonger des heures. Elle plongeait une assiette,
jouait dans l'eau, rêvait de nouveau puis rinçait l'assiette. Parfois
la soirée entière s'écoulait avant que tout soit terminé.
Mais lorsqu'elle était seule, la petite Judy oubliait complètement
la vaisselle et se mettait à danser de long en large de la cuisine au
salon. Arrivée à l'extrémité de la pièce,
elle levait son pied très haut dans les airs, pivotait sur l'autre pied,
se retournait et dansait jusqu'à l'autre bout de la maison.
À l'instant où ce souvenir traversa son esprit, une ondée
de larmes noya ses yeux. Des larmes de tristesse, cachées dans le coeur
d'une petite fille qui ne savait comment exprimer son lourd fardeau, gardant
sous silence ses rêves et ses peurs.
Puis, tout à coup, ses yeux s'ouvrirent.
Ce jeune homme dans le rêve, c'était Jésus. Il savait tout.
Il était là lorsqu'elle dansait de la cuisine au salon. Il voyait
son coeur blessé. Il la voyait traverser ces pénibles tempêtes
pendant ces années de turbulence. Il comprenait son rêve de devenir
un jour une ballerine. Il savait que personne ne lui avait appris à danser.
Il savait qu'elle devrait un jour quitter ses études pour trouver un emploi.
Il ressentait ce sentiment d'inaptitude qui la hantait et qui se cachait sans
son âme. Ce sentiment de ne susciter aucun intérêt chez les
autres, de ne pas être capable d'enseigner la Bible comme plusieurs le
font, de constater les bonnes choses qui surviennent dans la vie des autres mais
non dans la sienne, de n'avoir rien d'extraordinaire à raconter comme
racontent des multitudes de gens.
Mais Jésus s'intéressait à elle. Parmi toutes les ballerines,
c'est elle qu'il invitait à sa maison. Qu'elle ait fréquenté ou
non une école de ballet, qu'elle soit vêtue différemment
des autres ballerines, cela n'avait à ses yeux aucune importance. Elle
avait un coeur de ballerine et elle aimait danser. Voilà ce qu'il considérait.
[...]
Judy pleura beaucoup pendant les jours qui suivirent cet événement.
Ses émotions tantôt suintaient en surface, tantôt la renversaient
comme la force irrépressible d'une grosse vague.
Après trois jours, les larmes cessèrent et miraculeusement, disparurent
les blessures du passé. En un seul instant. Et ces blessures furent guéries à jamais.
Dieu était à l'oeuvre.
Il scruta les pages écornées du dictionnaire des mémoires
d'enfance de Judy et y choisit une image qui était chère à son
coeur. Puis il la déposa gentiment près d'elle pendant la nuit,
en chuchotant à son oreille. Cette image pénétra les parois
des corridors de sa vie, mieux qu'aucune parole n'aurait pu le faire. Cette image
portait en elle la guérison.
Et voilà que s'ouvrit une fenêtre. Une fenêtre qui révéla
Dieu. Il n'exigeait pas de Judy qu'elle obtienne une Maîtrise en théologie,
qu'elle étudie l'hébreu, cette langue par laquelle Dieu communiquait
avec son peuple dans les temps anciens. Il choisit plutôt d'apprendre la
sienne. Il apprit le langage de son coeur. Un langage qu'il avait étudié depuis
qu'elle était toute petite. Une langage différent de celui qu'il
utilisa avec Allen et Patsy. Un langage différent de celui qu'il utilise
pour vous parler à vous et à moi. Incroyable n'est-ce pas ?
[...]
Mais c'est précisément ce que Dieu fait lorsqu'il nous parle en
utilisant les images qui nous sont familières, comme une calculatrice électronique
sur le bureau d'un comptable ou un crayon de cire dans une garderie pour enfants.
Certaines images s'avèreront si personnelles et leurs petits détails
soulèveront des souvenirs si intimes, qu'elles paraîtront parfois
totalement insignifiantes aux yeux des autres, tandis que pour nous, elles exprimeront
tout un monde. Dieu choisit avec soin l'image qui convient le mieux tout comme
une mère se penche sur le coffre à jouets pour trouver cet animal
en peluche qui saura transformer les pleurs de son enfant en un sourire radieux.
Disponible à la CLC (Croisade du Livre Chrétien)
E-mail.
clcfrance@free.fr
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